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Finance
Publié le 16 mars 2010
Dans une lettre ouverte adressée au Commissaire européen au Marché intérieur Michel Barnier le 15 mars 2010, EDHEC-Risk Institute présente les dangers du projet d’interdiction des ventes « nues » de CDS Souverains.
Outre le fait que la divergence avec les autorités américaines sur ces questions laisse peu d'espoir que les mesures soient effectives, EDHEC-Risk Institute estime que cette interdiction poserait de nombreux problèmes et se heurterait à des obstacles juridiques et pratiques qui la rendraient inapplicable voire contreproductive :
On ne doit pas oublier que si la dette grecque a fait l'objet d'une forte dégradation de son risque et donc d'une forte hausse de son coût, c'est avant tout parce que l'économie et les finances publiques grecques vont mal. L'ensemble des dirigeants de la zone euro ont fait preuve d'un laxisme coupable en ayant accepté que la Grèce s'éloigne fortement des normes budgétaires imposées à la zone. Il est vrai qu'en s'affranchissant, même en période de relative croissance, du respect des critères d'éligibilité à l'euro, les leaders que sont la France et l'Allemagne ont envoyé un bien mauvais message à l'ensemble des petits pays dispendieux de la zone. Il est toujours difficile de donner une valeur à la discipline que l'on ne respecte pas soi-même.
On comprend mieux aujourd'hui que madame Lagarde, qui a souvent dû expliquer à Bruxelles que les plans de redressement des finances publiques françaises ne seraient pas respectés au mépris des traités et des engagements pris, préfère évoquer le rôle des spéculateurs que celui des dirigeants européens dans la tragédie grecque et plus globalement dans les difficultés de l'euro. L'arbre des CDS souverains grecs qui, au demeurant, sont d'un montant nominal net qui ne dépasse pas les 5% de la valeur de la dette publique hellène, ne saurait cacher la forêt d'une commission européenne incapable d'imposer une discipline budgétaire aux états.
Au final, la bonne régulation du marché des CDS repose sur la transparence et l'organisation centralisée de leur compensation et non pas sur des interdits. Dans ce domaine, le retard européen doit être souligné. Aujourd'hui, en matière d'enregistrement et de compensation des dérivés de crédit ce sont les infrastructures de marché américaines qui dominent. Les dirigeants français ou allemands, au lieu de dénoncer la main invisible des spéculateurs, devraient peut-être s'entendre rapidement sur la compensation centralisée en euro du marché des CDS.
rédigé par STEPHANE COLOMBANI
mise à jour le 16 mars 2010
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