Publié le 23 février 2010
Cédric Manara, professeur de droit à l'EDHEC, membre du Centre de recherche LegalEdhec, est spécialiste des questions juridiques touchant à Internet, à la propriété intellectuelle et au marketing. Il interviendra,le 24 février prochain,à l'Institute of Brand and Innovation Law (University College London) sur le thème "Trade Marks and the Internet".

Pourriez-vous nous en dire plus sur cette conférence ?
Elle porte sur la défense de l'identité et de l'image des entreprises en ligne. Il s'agit de l'un des thèmes juridiques les plus "chauds" liés à internet : la preuve en est que la conférence est "sold out" ! Plus de 300 personnes ont payé pour y assister.
Quatre speakers interviendront : Henry Carr, juriste britannique réputé et avocat de L'Oréal qui a engagé pour cette société une action judiciaire contre eBay devant les juridictions européennes ; Frederick Mostert, responsable de la propriété intellectuelle du groupe Richemont (Cartier, Jaeger-LeCoultre, Piaget, Lancel, MontBlanc, Van Cleef & Arpels...) et ancien président de l'International Trademark Association ; Harjinder Obhi qui est Senior Litigation Counsel chez Google, et moi.
Vous êtes donc le seul invité du monde académique. Qu'est-ce qui explique la présence d'un professeur français dans cette conférence londonienne ?
C'est une nouvelle illustration du rayonnement de l'EDHEC hors de nos frontières, et des liens que le Groupe a réussi à tisser avec le monde de l'entreprise.
A titre personnel, c'est aussi une nouvelle reconnaissance des recherches menées dans ce domaine depuis plusieurs années, et qui se sont internationalisées depuis que je travaille à l'EDHEC. C'est intéressant de faire part de mes vues devant cette audience, mais aussi terriblement stressant !
En quelques mots, sur quoi porte votre intervention ?
La France est un immense champ de bataille, où s'affrontent régulièrement les titulaires de marques et les acteurs majeurs du web : plus de cinquante affaires concernant Google, plusieurs dizaines relatives à eBay. Le fait que ces sociétés américaines proposent des services innovants, dans lesquels les marques sont utilisées de façon inédite - services parfois mal compris par les juges - engendre des conflits quasi-culturels avec les nombreuses sociétés de luxe présentes sur le territoire français, qui doivent lutter contre la contrefaçon (grandissante), dans un contexte où l'approche française de la propriété intellectuelle est plutôt conservatrice. Bref, c'est la querelle des Anciens et des Modernes, mais appliquée à Internet !
Les décisions judiciaires françaises, souvent sévères, sont parfois mal comprises des juristes étrangers. Il m'appartiendra d'expliquer le cadre dans lequel elles ont été rendues, leurs fondements juridiques, et de les mettre en perspective. Sans oublier de le faire avec humour !
Pour en savoir plus.
rédigé par NICOLAS DEGAND
mise à jour le 25 février 2010
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